Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 14:29

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En exergue de leur livre La dette publique, une affaire rentable, André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder ont choisi une citation d’Henri Ford assez subversive : « Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin ». Expliquer la création monétaire et la tutelle des banques sur l’économie, voilà la tâche qu’ont décidé d’entreprendre ces deux auteurs dans leur ouvrage.

 

Jusqu’en 1914, le franc était convertible en or. Le renoncement à cette convertibilité a permis aux français et aussi aux allemands de continuer la guerre en faisant marcher la planche à billets. Quand on vous dit que l’économie capitaliste a besoin des guerres pour prospérer, ce n’est pas une mauvaise brève de comptoir. L’idée étant qu’il n’y a pas assez d’or et d’argent sur terre pour couvrir les transactions monétaires. A cette époque, la banque de France pouvait encore avancer au trésor sans intérêts.

 

En 1973, cette possibilité est supprimée par une loi voulue par Georges Pompidou, ancien de la banque Rothschild, dont un membre de la famille avait dit en son temps : « Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois ». Vœu réalisé en 1973. La possibilité de prêter à l’Etat est désormais exclusivement réservée aux banques commerciales ou banques privées. La banque de France ne peut donc plus prêter sans intérêts au trésor public. Rappelons que ces prêts ont permis de financer le TGV, le nucléaire ou encore Airbus. Les banques privées ont pu à partir de cette date fatidique se goinfrer sur le dos des contribuables français.

 

Cette loi a d’ailleurs été confirmée par l’article 123 du traité de Lisbonne que Sarkozy a fait voter contre l’avis du peuple. Selon cette disposition, « Il est interdit à la banque centrale européenne et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées banques centrales nationales, daccorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».

 

Holbecq et Derruder démontent le vieux mythe suivant : la création monétaire est le fait du prince, c’est-à-dire de l’Etat. Vrai pendant longtemps, totalement faux depuis 1973. A l’heure actuelle, la monnaie fiduciaire (billets et pièces) représente seulement 7 % du total de la monnaie en circulation. Ce sont en effet les banques centrales qui créent la monnaie fiduciaire. Mais le reste de la monnaie, la monnaie scripturale (celle qui apparaît sur vos différents comptes en banque par des jeux d’écriture), relève du monopole exclusif des banques privées. Avant cette loi de 1973, une instance publique, la banque de France, pouvait accorder des crédits sans intérêts à l’Etat. En émettant ce crédit, elle créait de la monnaie. L’octroi de crédits est à présent le monopole exclusif des banques privées.

 

Les auteurs insistent sur le fait que les crédits accordés par les banques à des particuliers ou à l’Etat représentent de la création monétaire. Plus clairement, accorder un crédit, c’est créer de la monnaie. N’allez pas croire qu’une banque peut prêter que de l’argent qu’elle a déjà en épargne. C’était vrai avant le XIXème siècle. La seule obligation qu’elle a est d’avoir une certaine quantité de monnaie centrale. A défaut, elle doit se refinancer auprès de la banque centrale.

 

Les conséquences de cette entreprise d’escroquerie généralisée sont dramatiques. Les intérêts dus aux banques privées sont désormais colossaux et irremboursables. Si la France était restée dans le système antérieur à la loi Rothschild-Pompidou, elle ne serait pas endettée car elle n’aurait pas été obligée de contracter des crédits auprès des banques privées. De plus, les auteurs rappellent que les actifs détenus par les administrations publiques ne sont jamais pris en compte dans le calcul de la dette publique. En les intégrant comme on le fait dans la comptabilité d’entreprise, le pays n’est pas endetté. Bayrou, qui se présentait comme un candidat antisystème, faisait donc au contraire partie de cette mascarade puisqu’il prônait une politique d’austérité. Une fois les acquis sociaux des français abaissés, l’Etat aurait fait une nouvelle fois appel aux banques privées pour financer ses nouveaux investissements.

 

Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français et totalement ostracisé de la sphère des chiens de garde médiatiques, plaidait avec d’autres pour la suppression de la création monétaire ex-nihilo. Petit rappel : les banques commerciales ont le monopole de création de la monnaie scripturale qui représente 93 % de la monnaie totale en circulation. Arrêtons de dire que les banques centrales créent le la monnaie. Une chose est certaine au vu de ces chiffres : si tous les épargnants retiraient leur argent de la banque, très peu d’entre eux rentreraient chez eux avec des billets de banque. Laissons le mot de la fin à Maurice Allais qui résume tout le propos du livre : « Il est aujourd'hui, pour le moins paradoxal de constater que, lorsque pendant des siècles l'Ancien Régime avait préservé jalousement le droit de l'Etat de battre monnaie et le privilège exclusif d'en garder le bénéfice, la République démocratique a abandonné pour une grande part ce droit et ce privilège à des intérêts privés ».

Par Larmo - Publié dans : En mode énervé - Communauté : LIBERTE - Communauté créée par mamavisylvain-attiglah.over-blog.com –
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 14:37

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La définition de l’art est une question sans fin. Pour certains, l’art a pour but de créer une émotion bonne ou mauvaise chez le spectateur. D’autres assurent que l’art est l’expression de la beauté. Il est toujours très difficile d’asséner que telle production relève de l’art et telle autre non. Au fond, c’est une problématique très subjective. En outre, les gens ont tendance à répéter bêtement ce que disent les élites médiatiques.


En réalité, l’art est souvent défini par le pouvoir en place. Pour Gramsci, l’art est le reflet de la domination politique d’une élite. Si Léonard de Vinci est considéré comme un grand artiste, c’est en partie parce que François 1er avait décidé que son œuvre avait un caractère artistique. Pour être plus juste, à l’époque, un grand artiste était avant tout un grand technicien. Il avait pour vocation de sublimer la réalité. Aucune réelle soumission au pouvoir ou subversion vis-à-vis de l’autorité en place n’était encore à l’ordre du jour. Cela était sûrement vrai pour les arts plastiques ou musicaux mais sûrement pas pour la littérature.

 

Ainsi, Rabelais en son temps avait déjà à travers ses contes, pour éviter de subir la censure, largement critiqué la société. Molière, adulé par le peuple que la cour a dû suivre, a subi les interdictions de représentations mais a aussi joué le rôle de bouffon du roi qui pouvait dire devant le roi tout ce qu’il était normalement préférable de taire. D’un autre côté, la cour pouvait soutenir des auteurs consensuels qui n’ont laissé aucune trace dans la postérité. Il est donc assez rentable pécuniairement de servir les intérêts d’un maître, en jouant le rôle d’idiot utile ou de cynique conscient, lorsqu’on est vivant mais souvent moins si l’on veut laisser une marque dans l’histoire. Balzac, Léon Bloy, Baudelaire, Dostoïevski, Maurras, Céline ou Orwell ont clairement fait le second choix. Finalement, tout le monde savait où était la subversion ou où était la soumission.


Ce qui change dans le monde moderne, c’est la prétention narcissique de tout artiste venu à la subversion. Pourtant, être promu par les chiens de garde du pouvoir, à savoir les médias et l’industrie de l’art, qui a transformé l’artiste en VRP de produits culturels, devrait inquiéter le petit malin pensant être un danger pour les fondements de la société. Il s’agit de déconstruire tous les mouvements artistiques qui nous sont présentés comme étant des hauts lieux de la dissidence.


Un exemple assez parlant vient tout de suite en tête : le rock. Le rocker est toujours présenté comme un rebelle contre la société. L’image du rocker rebelle est très utile au libéralisme-libertaire, qui suscite le désir pour aboutir à la consommation. Car que prêche le rock ? Du sexe, de la drogue et des filles faciles. Le message est explicite : consommation, consommation et consommation. Jamais une critique de la société, des élites ou du pouvoir, à part peut-être chez un Bob Dylan ou chez Noir désir. Le même raisonnement est à suivre en matière de rap. Les rappeurs prônent  les valeurs du système en place : argent facile, antiracisme, sans-papiérisme ou encore femme comme seul objet sexuel.


La peinture n’échappe pas à cette critique. Si la peinture moderne avait su déconstruire les codes classiques et, ainsi, effrayer le bourgeois, la peinture contemporaine ne s’inscrit plus dans cette perspective puisqu’elle est largement mise en avant par élites financières style Arnaud ou Pinault. De plus, l’art abstrait comme la science-fiction ou le fantastique en littérature, a pour but de détourner l’individu des luttes réelles car ce qui est abstrait ne permet pas de saisir la réalité et ses contradictions. On prend plaisir au détriment de la découverte des problématiques graves de notre époque. Or, pour garder un peuple docile, il vaut mieux l’inciter à rester devant la télévision toute la journée ou à lire Marc Lévy plutôt que lui mettre un bouquin de Marx dans les pattes ou une chanson de Jacques Brel dans les oreilles.

Par Larmo - Publié dans : En mode critique
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 18:23

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Il est des philosophes qui aident à découvrir la pensée d’autrui. Alain de Benoist en fait partie. Fondateur de la Nouvelle droite, mouvement créé pour donner à la droite une assise intellectuelle et culturelle face à la déferlante de mai 68, Alain de Benoist s’est toujours efforcé de critiquer l’idéologie dominante. Après avoir dénoncé les excès du marxisme et du freudisme, il n’est guère étonnant qu’il s’attaque aujourd’hui au libéralisme. L’intérêt de ce philosophe réside dans ses vastes références idéologiques, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite même si ces deux termes ne veulent pas dire grand-chose. Ainsi, l’auteur a beaucoup étudié Nietzsche, Marx, Heidegger, Evola, Sorel, Spengler, Freud ou encore Gramsci. C’est son livre sur Carl Schmitt qui a retenu notre attention : Carl Schmitt actuel, publié en 2007, dans lequel le philosophe explique une partie de la géopolitique américaine à l’aune de la pensée schmittienne.


Professeur de droit à l’université de Berlin pendant le troisième Reich, Carl Schmitt était loin d’être soutenu par la majorité du parti nazi qui voyait en lui un catholique un peu trop hégélien. Il n’était donc pas assez racialiste. Connu pour être un juriste hors pair, Schmitt a aussi développé un certain nombre de théories sur la politique et la guerre. A l’inverse d’Ernst Jünger, il n’attribue à la guerre aucune valeur esthétique et aucune vertu rendant à l’existence toute sa vitalité. Pour l’auteur allemand, la politique implique nécessairement la conflictualité. C’est pourquoi, il faut toujours distinguer ses ennemis de ses amis. Ne pas désigner ses ennemis ou avoir une incertitude quant à la qualité d’ennemi ou d’ami constitue un immense danger et relève d’une vision impolitique. Selon Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Il voit donc ce qu’il y a de politique dans la guerre. Carl Schmitt voit ce qu’il y a de conflictuel dans la politique.


La théorie sur la désignation de l’ennemi a pris un certain sens après la chute du mur de Berlin lorsque les américains se sont retrouvés sans ennemi. Il a fallu s’en créer. La première étape est toujours de soutenir des régimes clairement islamistes. La deuxième étape est de se retourner contre eux en invoquant les droits de l’homme. La dernière étape est d’occuper leurs pays pour y voler toutes les ressources minières ou pétrolières. Une autre méthode semble aussi assez à la mode : soutenir l’opposition aux nationalistes arabes et mettre aux pouvoirs des islamistes souvent proches de la nébuleuse Al-Qaïda et, le cas échéant, de l’Arabie Saoudite et du Qatar, alliés des américains.


La manière de faire la guerre a changé au cours du Moyen-âge au cours duquel elle a été codifiée. Schmitt oppose les guerres morales, les plus dévastatrices selon lui, aux guerres neutres qu’il privilégie.  Une fois désigné, l’ennemi devient juste dans la mesure où il est reconnu. Il devient au titre d’ennemi titulaire d’un certain nombre de droits et de devoirs comme par exemple de ne pas s’attaquer aux tiers (les enfants, les femmes et les civils). Lorsqu’on ne reconnaît plus à son adversaire le caractère d’humain, ce qui est le propre des guerres morales, ce dernier est assimilé au mal qu’il faut éradiquer par tout moyen. Dans ce paradigme, l’ennemi n’est plus un être politique mais un être moral. Les guerres morales entraînent donc une guerre totale et une destruction totale. Les interventions américaines relèvent évidemment de la notion de guerre morale. L’exemple le plus édifiant est probablement l’intervention en Irak au nom de la lutte contre l’axe du mal.


Le juriste allemand s’est aussi beaucoup intéressé au terrorisme qu’il définit comme étant une guerre en temps de paix. Par définition, le terrorisme ne cessera jamais. Pour les américains, il est assimilé au mal. La guerre totale ne prendra donc jamais fin. Sa critique de l’état d’urgence est en ce sens très intéressante. Pour lui, l’exception est par nature imprévisible. Il est donc inutile de fixer à l’avance les moyens permettant d’y répondre. Dans une telle situation, le souverain doit décider. Il a donc le pouvoir de suspendre la loi. Schmitt récuse donc clairement le rationalisme constitutionnel en vertu duquel le souverain doit toujours respecter la règle de droit. « L’exception est à la règle ou à la norme ce que la guerre est à la paix ». C’est ce qui explique que les américains sont en état d’urgence permanent puisque la guerre contre le terrorisme ne prendra jamais fin.


Carl Schmitt s’est aussi intéressé à l’opposition terre-mer. La terre est assimilé à l’enracinement, à la règle tandis que la mer constitue le lieu de la liberté absolue, d’où l’impact du commerce maritime dans le développement du capitalisme. Dans une guerre, la mer, mais aussi l’air, permettent de détruire tout le commerce de l’ennemi et d’établir des blocus. On pense naturellement au blocus maritime et aérien que les irakiens ont subi sous Saddam Hussein et qui a abouti à la mort de 500 000 enfants, dont personne ne parle jamais. Là encore, ce sont des tiers qui ont péri par l’effet de la guerre morale.

 

 

Par Larmo
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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 17:09
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Poser la question, c’est déjà y répondre. Sauf peut-être pour les jeunes naïfs tellement sûrs de pouvoir rétorquer positivement à cette interrogation ou les vieux idiots utiles qui ont vécu toute leur vie en croyant dur comme fer à leurs institutions supposées démocratiques. Revenons à une définition simple : la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Le peuple n’a plus le pouvoir. Lorsqu’il vote pour un référendum, seul élément de démocratie directe existant dans notre pays et d’ailleurs très peu usité par nos élites politiques, le parlement vote le contraire et annule de facto la décision populaire (cf. le référendum de 2005 sur la constitution européenne). Le pouvoir n’appartient plus au peuple français mais en majeure partie aux institutions de l’Union Européenne. Le parlement français n’est plus qu’une caisse enregistreuse des décisions entérinées dans le cadre de l’UE. Il y a débat sur les chiffres mais on peut assurément avancer qu’entre 60 et 90 % des lois votées en France ne sont que des transpositions de normes édictées au sein de l’UE.
Les français sont des électeurs mais pas des citoyens. En votant pour le président, il lui donne mandat pendant cinq ans de faire ce qu’il veut sans même l’obliger à les consulter sur des questions primordiales. Ainsi, il paraît tout de même étonnant que le recours à l’immigration, la décision d’entrer en guerre ou la volonté de transférer une partie de la souveraineté n’aient jamais été soumis à consultation populaire. « A l’instant qu’un Peuple se donne des représentants, il n’est plus libre ; il n’est plus », écrivait Rousseau dans Du contrat social. En outre, la très grande majorité des parlementaires travaillent dans des professions libérales (avocat ou médecin). Comment peut-on parler alors de démocratie représentative ?
Pour devenir citoyen, il faut pouvoir participer à la vie de la cité ou, de nos jours, à la vie de la Nation. Lorsqu’il est impossible de contrecarrer les lois votées par ses représentants, la démocratie n’existe plus. En ce sens, la Suisse, les Länder allemands, notamment ceux de l’ex-RDA, et certains Etats américains respectent beaucoup plus le principe démocratique que la douce France. Au pays des montres, du chocolat et des banques, si 500 000 citoyens signent une pétition demandant l’organisation d’un référendum et que ce dernier est approuvé par la majorité des électeurs, il peut annuler une loi votée par le parlement suisse. Cela permet d’éviter les trahisons récurrentes des élites envers leur peuple. La démocratie directe est promue en France par un homme de droite, Yvan Blot, et un homme de gauche, Etienne Chouard. Le clivage droite-gauche n’a pas lieu d’être dans ce débat. En réalité, l’UMPS est tout à fait d’accord pour continuer sur cette belle lancée antidémocratique pendant des années.
La réponse classique de l’oligarque en puissance à ces assertions est que les gens du peuple sont des abrutis ayant besoin d’être guidés par des élites éclairées. Cela rappelle un peu la vision colonialiste de Jules Ferry : vocation de la France à sortir les peuples inférieurs de la bêtise et de la pauvreté. Cette remarque peut être balayée très facilement. Quand un jeune député est élu, il ne connaît absolument pas en détail tous les sujets sur lesquels on lui demande de se prononcer et même s’il est énarque. On a d’ailleurs largement observé les dégâts de l’énarchie depuis une trentaine d’années. Le jeune député doit donc travailler, aidé par les administrateurs et autres spécialistes. Pourquoi pas revenir en partie au système athénien du tirage au sort comme le préconise Etienne Chouard ? Des citoyens sont tirés au sort pour rédiger la loi avec l’aide d’experts sur le sujet. Lorsqu’on confie à des représentants pendant cinq ans le soin de voter toutes les lois, le risque est grand qu’ils finissent par servir leurs intérêts ou les intérêts de divers lobbies.
C’est la face cachée de la République. Il ne doit en principe rien avoir entre le citoyen et la république qui ne reconnaît que des hommes libres et égaux en droit sans distinction de race, de sexe et de religion. Or, force est de constater que les représentants politiques sont de plus en plus à la merci des différents groupes de pression, avec les trois principaux : le lobby bancaire, le lobby sioniste et le lobby du complexe militaro-industriel. Ce sont ces trois groupes de pression (on pourrait rajouter le grand orient, la GNLF et la GLF) qui tirent les ficelles des pantins que sont devenus les politiques. Ces derniers ne souhaitent d’ailleurs pas couper les fils tant la soumission et la trahison sont bien rémunérées. Le lobby sioniste a d’ailleurs montré dernièrement sa puissance. Après la polémique lancée par Marine Le Pen sur le hallal, François Fion a déclaré que les pratiques ancestrales comme le hallal ou le casher n’étaient plus d’actualité. Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim s’est empressé d’aller à Matignon pour demander au premier ministre de la fermer. Le lendemain, il a donc été obligé de mettre de l’eau dans son vin. A titre d’information, la majorité des entreprises spécialisées dans la vente de viande hallal est possédée par les membres de la communauté qu’on a plus le droit de nommer. On comprend mieux pourquoi Bernheim s’est prononcé contre l’étiquetage au nom de la stigmatisation : il y a de l’oseille en jeu et pas casher !
Les partis politiques posent évidemment aussi problème. L’UMP comme le PS ont abandonné leurs référents idéologiques historiques. Le parti socialiste a délaissé la lutte des classes pour la lutte des sexes et des races tandis que l’UMP ne se réfère plus qu’au saint argent et a complètement oublié la défense des valeurs et de la tradition. Les deux partis majoritaires sont en réalité les deux faces de la même médaille libérale. La presse a suivi le mouvement : sous d’apparentes divergences, les grands quotidiens se sont tous soumis au libéralisme économique ou au libéralisme-libertaire, ce qui revient au même comme l’ont très bien expliqué Michel Clouscard Jean-Claude Michéa dans leurs ouvrages. Un constat alarmant s’impose : toute la presse française est soit possédée par des banques (Rothschild, Crédit mutuel etc.), soit par le complexe militaro-industriel (Dassault, Lagardère, Bouygues etc.). Impossible de se prétendre après indépendant. Quand on est un journaliste de la presse officielle, à haut niveau bien sûr puisqu’en dessous on a juste le droit de la boucler, on tapine nécessairement pour le système. En cas de dérive, c’est la porte assurée.
Si les crétins ou ceux qui ont de la merde dans les yeux ne sont toujours pas convaincus, ils ont intérêt à s’acheter prestement un très gros pot de vaseline pour les prochaines années car cela ne va pas aller en s’arrangeant. Pour les autres, il n’est pas encore trop tard. Gardez les yeux ouverts et les oreilles raides.

 

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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 15:02

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Film culte, de référence sur la banlieue, La haine a fait mousser des milliers de jeunes bourgeois, fascinés par la violence des voyous de cité. Formellement, pas grand-chose à redire. Kassovitz sait tenir la caméra, maîtrise le noir et blanc ainsi que l’intensité dramatique. Il en ressort un film très regardable et loin d’être ennuyeux.


Le problème réside bien entendu dans son parti pris idéologique. Sous couvert d’être un film réaliste, décrivant la triste vie des banlieues, La haine constitue en réalité une charge antiraciste et méprisante. Premier constat : le réalisateur a choisi de traiter la vie de banlieue à travers trois personnages appartenant à la minorité parasite qui empoisonne la vie des autres habitants. La majorité essaie de s’en sortir en trimant dur matin, midi et soir et doit encore supporter en rentrant chez elle le bordel provoqué par une poignée de jeunes agressifs. En agissant ainsi, Matthieu Kassovitz laisse à penser que tous les jeunes de cité sont des êtres violents, fumeurs de joints et sans le moindre respect pour l’autorité ce qui est bien évidemment totalement erroné.


Il est certain que « les quartiers » comme disent les hommes politiques qui y vont, entourés de trois bagnoles de police, sont des zones où le chômage est nettement plus important qu’ailleurs. Il n’en demeure pas moins que 100 % des jeunes de cité ne sont pas au chômage et que la plupart d’entre eux tente juste de d’en sortir. Insinuer qu’ils sont tous des voyous en puissance relève donc de la malhonnêteté intellectuelle la plus totale. En outre, les banlieues ne sont pas les zones les plus indigentes de France. Ces dernières se trouvent en zone rurale où il y a d’ailleurs beaucoup moins de violence que dans les cités.


La violence de ces jeunes est compréhensible. La France, qu’on leur décrit dans les manuels scolaires d’histoire, est un pays nauséabond, raciste, fasciste, collabo, macho et colonialiste tandis que leur pays d’origine est glorifié et sanctifié. Qu’ils y retournent pendant six mois et ils verront à quel point la France est un pays formidable. Eux ne sont pas fautifs, ils ne sont que les pantins des petits clercs comme Kassovitz et des gros poissons comme les associations antiracistes ou le parti socialiste. Les trostkards ont toujours vu en ces gamins désœuvrés des rebelles incroyables à notre société, des êtres dangereux pour la nation et pour le pouvoir en place. En vérité, ce sont les pires idiots utiles du système. Ils prônent la surconsommation : les filles bonnes qu’à baiser, la thune facile, les grosses montres et les maisons avec piscine. Ils vénèrent le monde de l’argent et n’ont qu’une phrase en tête : « le monde est à moi » (Scarface). C’est en ce sens qu’ils sont toujours mis en avant.


Ces alliés objectifs de la civilisation libérale sont en outre traités avec le plus grand mépris par les types comme le réalisateur de La haine. En effet, pour lui, la jeunesse de cité ne peut s’en sortir qu’en faisant du rap, du break dance, du graff ou du sport. Si en plus, ils peuvent voter socialiste, alors c’est la cerise sur le gâteau. A ce sujet, ce crétin d’Enrico Macias a balancé une perle : « Qu'il y ait plus de footballeurs... qu'il y ait plus de choses de façon à ce que les banlieusards ne tombent pas dans la délinquance... et tout çà ». C’est vrai que personne ne galère dans le milieu du foot et que tous les footballeurs jouent dans des grandes équipes européennes... Qu’on leur conseille d’être plombier, dentiste, commercial ou ingénieur, ils auront plus de chances d’éviter le chômage.


Dans le film, les clichés antiracistes ne manquent pas. Le petit blanc et les policiers sont tous des racistes en puissance, des méchants qui oppressent les trois délinquants de cité, un noir, un juif et un arabe, tous unis contre le salopard de français de souche. Cette alliance paraît largement surfaite tant on sait que le noir et l’arabe de banlieue ne portent pas les juifs dans leur cœur. De plus, n’étant plus assimilés à la culture nationale, les communautés ont tendance à se reformer dans les cités. La France black, blanc, beur n’est qu’un mythe. Même au sein de l’équipe de France de 98, pourtant le reflet médiatique d’une France métissée, les communautés existaient. Il suffit de regarder la vidéo où l’antiraciste Thuram dit qu’il ne veut pas de Blanc et de Lebœuf dans le cadre parce qu’il veut faire une photo avec ses frères renois.


Il reste donc à faire un film authentiquement réaliste sur les banlieues, ne les glorifiant pas mais ne les méprisant pas non plus. Un film qui identifie les causes du mal. Un film sur les gens qui veulent sortir des manipulations permanentes. Un film qui mette un énorme doigt à La haine. Un film qui va donc avoir du mal à trouver des producteurs.

 

 

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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 19:03

http://www.cclj.be/sites/default/files/simon_epstein.jpg?1323957223

 

 

Continuons cette liste de lieux communs que nous avons un temps délaissée. Identifier le mensonge dans cette flopée d’informations déversée dans les postes ou les feuilles de choux par des médias aux bottes de l’idéologie dominante est primordiale pour tout esprit critique. De tout temps, les régimes politiques autoritaires ou démocratiques ont figé l’histoire à travers des normes. Ainsi, les révolutionnaires se sont attachés à rejeter en bloc l’ancien régime en le décrivant comme une période noire et injuste. Eux, ils avaient le beau rôle, ils étaient dans le sens de l’histoire selon la philosophie hégélienne. Les républicains étaient les hommes du progrès tandis que les monarchistes appartenaient à l’histoire ancienne. Les dirigeants de la cinquième République n’ont pas échappé à cette fâcheuse tendance en inscrivant dans le marbre de la loi la reconnaissance de l’holocauste, du génocide arménien ou encore des méfaits de la colonisation et de l’esclavage.

 

Or, l’idée même d’histoire se confond avec une nécessaire disputatio. L’état ne doit pas prendre parti pour ou contre mais laisser les historiens faire leur travail. Inscrire une vision de l’histoire dans une norme juridique ou dans des manuels scolaires relève plus de la mémoire que de l’histoire. Il s’agit en général de satisfaire les revendications de telle ou telle communauté dans une optique électoraliste. Rappelons tout de même que le régime nazi et le pouvoir soviétique avaient eux aussi leur propre interprétation de l’histoire.

 

En France, une telle pratique est assez courante. Il est fréquent d’entendre ou de lire que le gouvernement de Pétain était d’extrême droite. Simon Epstein, peu soupçonnable d’être antisémite puisqu’il est professeur d’histoire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a sorti un livre en 2008 intitulé Un paradoxe français : antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la résistance. A travers une étude très poussée et, d’ailleurs un peu fastidieuse à lire en raison de ses nombreuses listes de noms, Epstein démontre que la majorité du gouvernement Pétain et des collaborationnistes en général appartenaient soit au parti socialiste, au parti communiste ou aux divers syndicats. Avant la seconde guerre mondiale, ces personnes avaient eu des propos condamnant le racisme quand elles n’appartenaient pas aussi aux divers organismes antiracistes et en particulier à la ligue contre l’antisémitisme. Bien entendu, parmi les collaborateurs existaient aussi des hommes d’extrême droite mais c’est sur le nombre important de collaborateurs appartenant aux rangs de la gauche et des mouvements pacifistes et antiracistes que l’auteur a souhaité insister. A titre d’exemple, Jacques Doriot, Cocteau et Giono qui voyaient en Hitler « un poète », Marcel Aymé, Marcel Déat ou René Bousquet, bien que collabos, étaient tous issus de la gauche.

 

De l’autre côté, on trouve un certain nombre d’intellectuels comme Honoré d’Estienne d’Orves, Maurice Clavel, Pierre Boutang ou Bernanos, connus pour leurs propos clairement antisémites d’avant-guerre, parmi les éléments de la résistance. Il faut en effet rappeler que les premiers résistants étaient des militants de l’Action française, au sein de laquelle la guerre a provoqué une scission idéologique entre les partisans de la résistance et ceux de la collaboration. Ce n’est qu’après la rupture du pacte germano-soviétique en 1942 que les communistes français sont entrés en résistance.

 

L’histoire est donc toujours beaucoup plus complexe que l’on croit. Vouloir résumer un fait historique dans une loi ou dans trois lignes d’un manuel scolaire relève donc de l’escroquerie la plus totale. Les trotskistes de l’Inéducation Nationale ont une manière bien particulière de revisiter l’histoire. On les comprend. Il est toujours délicat d’admettre que la gauche est responsable de la colonisation et qu’elle a produit un certain nombre de cadres du gouvernement Pétain. Difficile après de se prétendre antifasciste !

 

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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 19:39

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Larmo analyse le dernier bouquin sorti par Alain Supiot, professeur de droit du travail bien connu. Décryptage sur Encore une fois.

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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 15:33

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N’en déplaise au sage Attali, les racines religieuses de la France sont essentiellement catholiques. Le monde occidental a tendance à l’oublier, satisfait de son athéisme borné et de son relativisme dogmatique. Comme l’écrit Jean-Pierre Moisset dans son Histoire du catholicisme (2009), « le catholicisme subit une crise de longue durée dont l’aboutissement occidental est l’émergence d’une culture post-chrétienne. Les hommes et les femmes qui la partagent sont en train de perdre le contact avec les réalités catholiques qui ne leur ont guère été transmises, mais dont la connaissance n’en demeure pas moins indispensable à l’intelligibilité de la société où ils vivent et où ils meurent ». Peu importe qu’on soit croyant ou non, il est donc indispensable de s’intéresser au catholicisme, qui a été le ciment de la France pendant mille cinq cents ans, si l’on souhaite comprendre les enjeux actuels.


Les athées forcenés ont tendance à penser que l’histoire commence avec le « Dieu est mort » de Nietzsche. Mais croire qu’il existe une force supérieure à l’homme développe chez le croyant une vision qui n’est pas autocentrée. Finalement, le croyant admet que l’homme n’est pas grand-chose. Au contraire, l’homme moderne, dans un individualisme sans limite, est focalisé sur sa petite personne. René Guénon a parfaitement défini dans La crise du monde moderne (1927) le principe de l’humanisme qui est de « se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre ». Les narcisses modernes, très bien analysés par Christopher Lash dans La culture du narcissisme (1979), feraient bien de méditer sur cet aphorisme.


De nos jours, il est assez commun d’entendre de la bouche d’intellectuels que la France a un héritage judéo-chrétien. Il faut absolument récuser cette notion et lui préférer l’adjectif helléno-chrétien. Le catholicisme, terme issu du grec katholikos signifiant universel, s’est construit contre le judaïsme. Bien sûr, sans le judaïsme, le catholicisme n’aurait pas existé.


Ces deux religions sont extrêmement différentes. Les textes de la première ne sont applicables qu’aux juifs tandis que le message du Christ est universel. C’est Saint-Paul qui, en convertissant les grecs, a universalisé le message du Christ, dont les partisans initiaux étaient juifs. Alors que le judaïsme n’est pas expansionniste, le catholicisme constitue une religion missionnaire. La religion juive se transmet par le sang, la religion catholique par l’éducation ou la conversion forcée ou non. Les juifs estiment que Jésus-Christ est un imposteur et un menteur. Or, le catholicisme se fonde essentiellement sur sa parole. Comment donc expliquer que les racines des pays catholiques soient aussi juives ? Il me semble que ce sont au contraire des religions assez contradictoires. Ces assertions pourraient être taxées de marcionites. Marcion refusait l’Ancien testament car, selon lui, Jésus l’avait annulé. Sans aller jusque-là, le Nouveau testament est tout de même préférable à L’Ancien qui reste le texte du dieu vengeur inspirant peur et crainte aux fidèles.


Une autre différence est de taille. A l’instar de l’islam, la religion juive n’opère aucune différence entre le spirituel et le temporel. A l’inverse, Jésus et après Saint-Paul, estimaient qu’ « il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cette phrase explique pourquoi l’histoire du catholicisme est parsemée de luttes permanentes entre le pape et les souverains européens au sujet de la nomination des évêques, de l’impôt ecclésial ou des territoires de l’Eglise. Mais sur d’autres points essentiels, la religion musulmane n’est pas si éloignée de la religion catholique. En effet, elle reconnaît en Jésus un prophète et en Marie une sainte. A l’instar du catholicisme, l’islam n’est pas une religion tribale car elle prône le prosélytisme.


En réalité, des religions chrétiennes, seule la religion protestante est assez proche du judaïsme dans son retour aux écritures, en particulier à l’Ancien testament, et dans sa défense de la foi. Pour Luther, seule la foi compte, les actes ne conduisent pas au salut. L’héritage grec vient quant à lui de la fusion qu’a opérée Saint-Thomas d’Aquin entre la pensée d’Aristote et la doctrine catholique. L’homme contemporain, s’il veut comprendre d’où il vient, devrait s’intéresser à la religion qui a forgé son pays. Si la référence à la religion catholique est absente de la constitution française et du traité de Lisbonne, c’est simplement qu’une autre religion a pris sa place : le laïcisme.

 

Par Larmo - Publié dans : En mode critique
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 18:09

 

 

 

 

Par Larmo - Publié dans : En mode énervé
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 14:43

http://www.ffessm-provence.net/upload/plongee_scaphandre/images/gif/formation-formateur.gif

 

Couplée au conseil, la formation permet  d’exercer des activités professionnelles assez diverses. Elle renforce la pédagogie et l’expression orale. Surtout, l’activité de formateur autorise à quitter ses collègues et son bureau le temps de la formation. C’est déjà pas mal. Rester toute la journée à se branler derrière son bureau finit par tâcher la moquette et à rendre un peu con. Former des types signifie garder le contact avec le réel. Le formateur a aussi l’occasion de découvrir les provinces françaises, lui qui ne sort que rarement de Paris.


La réalité est un peu moins glorieuse. Il visite plus de zones industrielles que de charmantes petites bourgades. Ces endroits glauques et sinistres se ressemblent tous. Bâtisses de PME en taule froissée, alignées perpendiculairement et entourées de la fine fleur de la gastronomie française : Courtepaille, Hyppopotamus, Léon de Bruxelles, Pizza Hut, et j’en passe et des moins bons. Après, l’éprouvante journée de formation, le formateur a donc tout loisir de se promener dans ces lieux magiques, s’il ne s’est pas encore tiré une balle. Il y a toujours le réconfort de sa chambre d’hôtel.


Là encore, le bât blesse. Formule 1, Première classe ou plutôt dernière classe ou hôtel Ibis sont le lot du pauvre formateur. Dotés de cloisons très fines permettant d’apprécier si la putain d’à côté apprécie sa passe, les chambres de ces hôtels ont tous un point commun : on ne peut pas faire la différence dans la salle de bain entre la cuvette des toilettes, le lavabo et la cabine de douche. L’occasion d’arriver bien propre et bien en forme le lendemain pour la journée de formation.


Les stagiaires se divisent en plusieurs groupes. La majeure partie d’entre eux ne comprennent rien et n’écoutent rien. La minorité fayotte, pose des questions pertinentes et souhaite faire avancer le schmilblick. Je comprends maintenant pourquoi les instituteurs préfèrent les suce-boules aux tires au flanc. « C’est parce que t’arrives pas à les intéresser ! », m’explique un collègue. Ce type ose donner des leçons à tout le monde alors qu’il passe sa journée à lire un bouquin de cinq cents pages. Résultat, on ne lui donne plus aucune formation tellement il emmerde les stagiaires.


L’heure de déjeuner est toujours attendue avec impatience mais offre évidemment des désillusions sans commune mesure. On a le choix entre le resto d’entreprise, qui rappelle les heures les plus sombres des cantines de bahut, et le bistrot du coin, où toute la clique des malfrats du coin grignote avec appétit la nourriture surgelée de l’escroc de restaurateur. La digestion est donc très longue et éprouvante. Les formés n’ont pas l’air d’en souffrir sans doute encore sous l’effet placébo du « vous allez voir, c’est le meilleur restaurant du coin ! ».


La fin de la formation est donc très attendue. Le train siffle. Bientôt à Panam dans un vrai lit et avec de la vraie bouffe. Sans ces cons ! Je vais en retrouver d’autres au travail. Pas grave, je suis tout seul dans mon bureau.

Par Larmo - Publié dans : En mode immersion
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" Même sans espoir, la lutte est encore un espoir "

 

 (Romain Rolland)

 

Créé le 26 janvier 2011.

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